Aussi régulier que le mouvement du balancier d’une horloge, dès que le prix de l’essence monte en flèche, les journalistes perdent un peu la boule, et immanquablement, reviennent dans l’actualité les automobiles fonctionnant à l’eau et les mécanismes de mouvement perpétuel.
C’est ce qui s’est produit avec un article de Reuters qui s’est retrouvé sans aucune distance critique sur TreeHugger et plusieurs autres sites.
Comment est-ce que ça semble fonctionner? S’il y une chose qui alimente la conspiration à l’effet que les pétrolières ne veulent pas voir d’automobiles fonctionnant à l’eau, ce sont bel et bien les médias qui vont jusqu’à nous démontrer, comme dans le segment vidéo ci-dessous, que ces véhicules fonctionnent vraiment et qu’ils circulent déjà en toute liberté sur nos routes. Et soudainement, lorsque la crise de l’essence s’estompe, on entend plus parler de ces voitures. Curieuses coïncidences pour tous les conspirationnistes de ce monde!
Les gens pensent alors que le Cartel du pétrole (ou les Illuminati, ou le gouvernement mondial, peu importe) rachète tous les brevets pour les enfouir quelque part afin que cette technologie ne voie jamais le jour. La réalité est un petit peu plus banale: il est actuellement possible de démontrer qu’un véhicule puisse semble rouler à l’eau sans enfreindre pour autant la première loi de la thermodynamique. Le procédé est simple: des plaquettes de métaux hybrides. Ceux-ci réagissent avec l’eau pour produire de l’hydrogène, lequel est ensuite utilisé pour alimenter le véhicule en énergie électrique. Comme ces plaques métalliques hybrides perdront de leur efficacité avec le temps, celles-ci devront être remplacées. En fait, ce sont ces plaques qui sont la source de l’énergie, et non l’eau, car ici l’eau n’est que le catalyseur qui entraîne la réaction chimique pour produire de l’énergie. Et une chose dont vous pouvez être certain, c’est qu’il en coûtera beaucoup plus cher en énergie pour produire ces plaques de métal, les transporter dans des points de vente et les installer dans votre véhicule que de faire rouler ce même véhicule. (De grâce, ne me dites surtout pas que Stanley Meyer et Stepen Chamber ont déjà déposé des brevets à cet effet: ce sont des fumistes.)
Les automobiles propulsées à l’eau créent de faux espoirs, et aussi une certaine apathie Il y a un certain danger à colporter ce genre d’information sans l’analyser en profondeur, ou à tout le moins, d’être prudent et de dire que l’automobile propulsée à l’eau ne fait pas vraiment ce qu’elle prétend faire jusqu’à preuve du contraire.
Le danger, c’est que cette information crée de faux espoirs qui finissent par tous nous rendre apathiques, car nous finissons par croire qu’il existe une solution réelle qui sera bientôt disponible pour combler tous nos problèmes d’énergie , et qu’ainsi, nous n’aurons pas besoin de faire d’efforts pour changer nos comportements.
Et c’est justement là où se prépare le terreau fertile de la conspiration, car il y a déjà 20 et 30 ans, on nous avait promis des voitures propulsées à l’eau; nous ne les avons jamais vues! Alors, la rumeur galopante que le Cartel du pétrole rachète les brevets prend de l’ampleur, se gonfle et devient plus qu’un mythe urbain. Même plus, on empêcherait des ingénieurs de rendre disponibles sur Internet certaines informations. Lorsque Hydro-Québec a démantelé le groupe de recherche sur le moteur-roue il y a quelques années, c’est le même genre de rumeur qui s’est installée et s´est mise à courir...
Conclusion Comme le disait le grand physicien Carl Sagan, «des affirmations extraordinaires exigent des preuves extraordinaires» . La prochaine fois que vous entendrez parler d’une voiture propulsée à l’eau, pensez à ce commentaire, et ne vous faites surtout pas d’illusions trop rapidement.