Alors que pour la deuxième année consécutive le prix de la voiture de l’année a été attribué à une voiture électrique, qu’en est-il de la conquête du marché et des conducteurs ? Conduire « électrique » implique-t-il nécessairement une conduite plus verte ? Quels sont les incitatifs ?
Toutes ces questions soulèvent bien plus de nouveaux questionnements que de réponses. En effet, actuellement, ces distinctions sont bien plus une reconnaissance des technologies, elles ne viennent pas couronner un succès commercial. La catastrophe de Fukushima a freiné la diffusion de la Nissan Leaf (22 000 ventes, dont 2000 en Europe). La production de Volt est suspendue pour 5 semaines, alors que General Motors n’a pas accompli ses objectifs de ventes de 10 000.
Les freins au passage à l’électrique
Les conducteurs sont angoissés à l’idée de tomber en panne en raison du petit millier de bornes de recharge en France installées actuellement. Pour pallier ce problème, Renault cherche à cibler des automobilistes de banlieue ou des provinciaux disposant d’un garage et parcourant environ 40 à 50km par jour.
Le seuil de rentabilité de la Renault Zoe se situerait autour de 12 000km annuels sur 3 années : il devient alors intéressant pour son budget de posséder une Zoe plutôt qu’une Clio.
Pourtant, les constructeurs semblent frileux et privilégient les modèles hybrides, comme Toyota, dont le volume de ventes représente 10%, et pense aller jusqu’à 14% en 2012. Peugeot a également pris ce virage mais doit faire face à une flambée des prix de 2500 euros, bonus écologique de 2000 euros inclus.
Les assureurs semblent quant à eux emprunter un nouveau virage, offrant des récompenses financières aux petits conducteurs, comme, au Québec, le programme d’assurance auto BNA « moins vous roulez, moins vous payez ». De plus, comme les prix d’achat sont plus élevés donc la police plus chère, ils préconisent d’avantager les possesseurs de voitures électriques dans le futur en leur proposant des forfaits avantageux. En France, de la même manière, on s’attend à une part de marché de 10% d’ici 10 ans pour l’électrique, et on assistera, à ce moment-là , à des offres concurrentielles en assurance.
Et l’écologie dans tout ça ?
Qui dit électricité, dit production d’énergie. Or, aujourd’hui, le nucléaire – non renouvelable- tient le haut du pavé et est de plus en plus conspué à juste titre. Il faudra donc compter sur de nouvelles sources d’énergies renouvelables pour alimenter cette nouvelle demande, ce qui implique une volonté politique au préalable, soit pour le prochain quinquennat, afin de préparer la progression de l’électrique automobile d’ici 10 ans. Or, il semblerait que le discours politique actuel soit plutôt timide, voire muet à ce sujet.
En effet, au moment où il faudra alimenter le pic de demande en électricité des personnes rechargeant leur auto en fin de journée, chez eux, il semblerait que le recours aux énergies renouvelables soit bien la réponse actuelle. Alors la voiture électrique, pas si écologique que ça ?
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