Dans la nature, tous les organismes vivants sont liés aux cycles de dégradation de la matière. Les déchets produits par certains êtres vivants représentent une ressource fondamentale d’énergie pour d’autres. Les matières consommées et évacuées sont biodégradables et elles font parties des cycles de la vie, tous les éléments de la biosphère sont recyclés.
Durant de longs millénaires, les êtres humains, comme tous les êtres vivants, se sont intégrés parfaitement à ces cycles de vie. Les déchets qu’ils produisaient étaient biodégradables et ils ne présentaient pas un danger pour l’environnement. Puis les humains ont inventé l’agriculture et sont devenus sédentaires, formant des petits villages et des villes avec le temps qui passait. Pendant des milliers d’années, la totalité des objets fabriqués par les sociétés humaines était faite à partir d’éléments trouvés dans la nature : minéraux (silex pour outils et armes, argile pour poterie), végétaux (bois pour outils et armes, paille pour vannerie) et animaux (os pour outils et armes, cuir pour vêtements).
Partout où l’agriculture s’est répandue, la population accrue, la diversité et la quantité d’objets fabriqués ont augmenté de même. La métallurgie a fait son apparition et l’utilisation du feu à modifier vraiment le rapport que les populations humaines avaient avec les matériaux qu’ils tirèrent de la nature. À mesure que la survie a été assurée, grâce en grande partie à l’agriculture et à la fabrication d’habitations de plus en plus sophistiquées, certains humains ont eu plus de temps à consacrer aux inventions et aux arts. Les sociétés se raffinèrent et ont eu besoin de diversité (aller savoir pourquoi?). La pratique de la consommation d’objets fut bien établie et l’être humain s’est entouré progressivement de ses propres artifices. La relation avec la nature s’est perdue petit à petit et les sociétés humaines sont devenues dépendantes du monde culturel qu’elles se sont inventé.
Plusieurs problèmes découlent du développement de sociétés basées sur la production d’objets. Une des complications majeures en lien avec l’idée de la possession de biens est celle de l’apparition des rangs sociaux en fonction de la richesse. Des humains ont été traités comme esclaves et comme propriétés pour satisfaire les désirs des plus riches et des plus forts. La notion de propriété s’est développée et celle du vol est apparue amenant avec elles celles des lois et des prisons. Des hiérarchies de possesseurs se sont installées et des rapports de force se sont établis, c'est ainsi que s’est mise en place la formation des classes sociales.
Selon Karl Marx, l'histoire de la société est devenue une histoire de luttes entre les dirigeants et les exécutants, dominants et dominés, exploitants et exploités, c'est-à-dire un rapport de force entre ceux qui louent leur force de travail pour produire des biens (les classes sociales opprimées) et les propriétaires des moyens de production, détenteurs du capital (la classe dominante, la bourgeoisie).
La fabrication d’objets et leur consommation a évolué progressivement, elle a subi un bond extraordinaire au début de l’ère industrielle et nous consommons aujourd’hui plus d’objets et ressources qu’à n’importe qu’elle époque antérieure à la notre.
Selon Rondo Cameron, spécialiste de l’histoire économique de l’Europe, le volume des échanges économiques internationaux par tête est 25 fois supérieur en 1913 qu’en 1800.
Aussi selon Alan Durning ancien chercheur du Worldwatch Institute de Washington, l’humanité a consommé autant de biens et de services depuis 1950 que toutes les nations du globe depuis la nuit des temps.
Selon Serge Mongeau auteur du livre - La simplicité volontaire - : « Le propre de la société de consommation c’est de proposer constamment de nouveaux biens (ou de nouvelles présentations des anciens produits), de susciter de nouveaux « besoins », d’attiser les convoitises. Il ne faut jamais que les gens soient satisfaits; il faut, pour faire rouler l’économie, qu’ils achètent toujours plus de biens, de services et de spectacles » La majorité de la population mondiale (88%) doit répondre à ses besoins avec moins de deux dollars par jour. Les habitants de l’Amérique du Nord qui comptent 6% de la population mondiale, utilisent de 40 à 50 % des ressources naturelles de la planète terre. Comme le note Christian Boulais dans son livre - La surpopulation des pays riches - : « Un habitant de ces pays consomme 10 fois plus d’énergie qu’un habitant des pays « pauvres », 14 fois plus de papier, 18 fois plus de produits chimiques, 10 fois plus de bois de construction, 6 fois plus de viande, 3 fois plus de poissons, de ciment et d’eau douce, 19 fois plus d’aluminium, 13 fois plus de fer et d’acier ». Et comme le rajoute Hortense Michaud-Lalanne dans - Si les vrais coûts m’étaient comptés - : « En terme d’énergie, tout homme, femme et enfant, en Amérique du Nord, réquisitionne l’équivalent de 80 à 100 « esclaves » chacun, qui fabriquent pour eux, jour et nuit, des biens qui aboutissent à la poubelle. »
Un autre gros problème avec la consommation actuelle de biens est que nous agissons exactement comme nos ancêtres qui n’avaient pas à se préoccuper réellement des déchets qu’ils produisaient puisque la majorité des matériaux utilisés n’avaient pas d’incidences néfastes sur l’environnement. Des quantités invraisemblables d’objets de consommation se retrouvent en pleine nature.
Au Québec, en 1988, la population générait déjà 6,5 millions de tonnes de déchets solides à chaque année, soit une moyenne de 450 kg par personne, ce qui donne environ 1,2 kg par jour. Le Canada en 1992, vient au premier rang mondial avec une moyenne de 1,7 kg de déchets par personne par jour. Par comparaison, la Suède ne produit que 0,8 kg par jour par personne et la Chine 0,5 kg. Chaque Nord-Américain lègue actuellement 40, 000 kg de déchets à ses enfants.
En utilisant à outrance les ressources de la nature, les humains risquent de perturber définitivement l’équilibre fragile qui régit toutes les formes de vie. Il est temps de s’observer en tant que consommateur et de prendre des résolutions de changements d’attitudes face à notre gaspillage tout azimut. Notre bonheur et notre survie en dépendent.
La Coopérative de consommation responsable de l’Estrie se propose de faire connaître les conséquences de notre consommation effrénée et de proposer des alternatives autant au niveau du comportement que des produits consommés.
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ou appeler nous au 819-542-1325 à Sherbrooke. Robert Léo Gendron

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