Contrairement au polystyrène traditionnel qui met plusieurs centaines d’années à se dégrader, le Bioxo se transforme en moins de trois ans en fine poudre, « ce qui permettrait de sauver de l’espace dans les sites d’enfouissement ».
Selon Cascades, « le Bioxo jeté dans un site d'enfouissement entreprend une dégradation oxydante beaucoup plus rapide que les produits en plastique traditionnels. L'oxygène ainsi que la chaleur, les rayons UV ou le stress mécanique transforment la mousse de polystyrène, y compris les additifs TDPA©, en une fine poudre dont pourraient disposer les bactéries et les autres micro-organismes ».
Au mieux, le plus grand avantage du Bioxo résiderait dans le fait de : Sauver de l'espace dans les sites d'enfouissement. J’avoue que je ne vois pas comment ? Quelqu’un pourrait-il m’éclairer.
Voici les raisons pour lesquelles je doute de la probabilité qu’un Bioxo se dégrade dans un site d’enfouissement :
- L'enfouissement n'a pas pour but de décomposer les déchets; ceux-ci sont seulement enfouis dans ces sites.
- Il convient de rappeler que dans les sites d’enfouissement modernes, les déchets sont compactés en couches et régulièrement couverts d’un remblai.
- Contrairement à la croyance populaire, il y a peu de dégradation de matériaux dans un site d'enfouissement moderne. Ces derniers sont localisés et exploités de façon à éviter des conditions humides et pour ainsi empêcher la biodégradation autant que possible. Dans les années 1990, Dr William Rathje, est parvenu à extraire d’un site d’enfouissement, de vieux journaux datant de 30 ans, montrant ainsi une très faible biodégradation.
- Et même si c’était le cas, « l’espace libéré » serait-il véritablement suffisant pour qu’il y ait un intérêt pour la gestion d’un site d’enfouissement à durée de vie limitée.
D’après l’EPIC, la plupart des gens croient que les plastiques constituent la majorité des matières résiduelles solides. C’est totalement faux. Les études ont démontré que les plastiques représentent environ 9 % des matières résiduelles solides relativement au poids et entre 14 et 20 % du volume total.
Finalement, encourager ce type de produit va totalement à l’encontre de ce qu’il faut professer en matière de gestion des matières résiduelles : réduction à la source, réutilisation et recyclage. En déresponsabilisant les consommateurs et les distributeurs, on envoie des messages erronés, laissant croire que le produit va « magiquement » disparaître.
Encore une fois beaucoup de compagnies nous font miroiter l’aspect vert de leur produits sans avoir pris la peine d’aborder la question du cycle de vie du produit : toutes les actions intermédiaires, de l’extraction des matières premières jusqu’aux hypothèses de fin de vie.
----Vous pouvez consulter ici le dossier sur les plastiques oxo-biodégradables

Par Charlylie, mai 23, 2009
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