Les gens savent qu’il faut acheter local, ils font des recherches assidues pour trouver des boutiques équitables, font des pétitions pour des marchés bios et tant mieux, mais acheter usagé, c’est encore tabou.
Si vous saviez tous les préjugés que je dois combattre tous les jours : l’usagé c’est sale, en mauvais état et surtout c’est pour les pauvres !
Des préjugés fondés?
Mais le pire c’est que malheureusement ces préjugés sont la plupart du temps fondés. Lorsque je vais dans de grandes friperies et que je regarde autour de moi c’est sale, ce n’est pas accueillant, le service à la clientèle est inexistant, c’est en mauvais état, d’ailleurs en arrivant à la maison je lave tout et des fois je répare, sans compter que les clients présents n’ont pas l’air d’être là par choix. Et pourtant, tout le monde est d’accord pour dire qu’acheter usagé est un choix de consommation responsable.
Repenser l’approche commerciale de l’usagé
Pour que les préjugés tombent, il faut repenser l’approche commerciale de l’usagé. Il faut que les enseignes fassent une réelle réflexion sur leur plan marketing, revoient leurs études de marché et surtout travaillent l’image de l’usagé qu’elles véhiculent.Je me bas pour démontrer qu’avec peu de moyens on peut aussi rendre un lieu accueillant, on peut aussi avoir des services, on peu rendre les choses plus agréables pour tout le monde, les clients et les employés. L’usagé est une matière comme une autre, certains fabriquent des meubles neufs et bien nous on fabrique de l’usagé. Nous avons une unité de production, on a une approche qualitative de nos produits, on pense rendements, approvisionnement, marketing et ventes comme n’importe qu’elle entreprise de fabrication. Alors, pourquoi ne pas le voir comme une fabrication artisanale à production unique ! Plutôt qu’une masse sale et brisée qu’on donne pas cher aux pauvres. Il faut aussi oser dire la tête haute qu’on consomme usagé et affronter le regard souvent jugeant des autres surtout lorsqu’ils ne partagent pas nos convictions environnementales.
Quand les gens viennent chez moi souvent ils me disent que la déco et l’ambiance sont sympas et je m’amuse à faire un tour du propriétaire de la récupération. J’énumère les meubles et autres articles déco que j’ai eu pour trois fois rien à St-Vincent-de-Paul ou ce que j’ai récupéré sur le trottoir de mes voisins. L’étonnement de leur visage et leur ‘ah oui !’, ‘nonnn !’ sont autant de petites batailles gagnées. Car je sais que leur regard sur l’usagé vient évoluer.
L'épreuve d'offrir un cadeaux usagé
Offrir un cadeau usagé est toujours une épreuve, la personne va forcement réagir à la vue d’un cadeau sans emballage carton autour, sans petite étiquette, sans plastique indéfectible. Mais si on veut vraiment que les mentalités évoluent, il faut persister, expliquer, démontrer et continuer. Avoir confiance en soi et en ses choix, s’y sentir à l’aise, avouer une consommation différente pour en convaincre certain d’y souscrire aussi.Source: Sandra Babin, directrice générale de l’organisme à but non lucratif d’insertion et d’économie sociale Les lutins verts

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C’est ici que j’essaie de faire l’adéquation entre le 4×4 et le sac recyclable. Il me semble que, si on utilise des sacs recyclables, c’est parce qu’on veut éviter de trop polluer. D’un autre côté, si on utilise son 4×4 pour aller faire des courses à un ou deux kilomètres de chez-soi, c’est qu’on se fout complètement de la planète, non ?