Définition de l’agriculture et de l’élevage biologiques: Agriculture biologique, Élevage biologique, Raisons du coût plus élevé des produits biologiques, Quels sont les produits biologiques à prioriser ? Avantages de consommer des produits biologiques.
Agriculture biologique
L’agriculture est par définition biologique. Par opposition à la forme d’agriculture la plus répandue depuis la 2e guerre mondiale, l’agriculture de masse, le terme agriculture biologique est aujourd’hui utilisée pour définir une agriculture respectueuse de son environnement et des cycles naturels, en plus d’être exempte de produits chimiques de synthèse, tels que des pesticides, fongicides, insecticides. Afin de contrer les insectes, les champignons et les différents agresseurs dans les champs, l’agriculteur biologique a recours à des techniques alternatives (sans produits chimiques), pratique la rotation des cultures (jachère), fertilise les sols avec du compost et utilise des plants et des graines sans modification génétique (OGM).
Élevage biologique
On parle d’élevage biologique, lorsque l’on nourrit les animaux avec des végétaux biologiques, variés et idéalement issus de la ferme d’élevage elle-même. Les animaux bénéficient d’espaces suffisants, tant à l’extérieur que dans les étables. Ils ne reçoivent aucune injection d’hormones ou d’antibiotique (s’ils sont gravement malades, ils sont retirés du troupeau et ne seront jamais consommés) et sont soignés avec des techniques naturelles dans la majorité des cas. De plus, afin de recevoir la certification biologique, les éleveurs ne peuvent pratiquer des techniques comme le gavage.
Raisons du coût plus élevé des produits biologiques
Puisque le bio utilise des techniques naturelles, sans produits chimiques et que ces techniques priorise le respect de la croissance naturelle du plant ou de la bête, il est évident que le rendement de ces cultures et de ces élevages est moins productif que l’agriculture et l’élevage industriel. De plus, la perte d’une partie des récoltes est plus importante dans l’agriculture biologique, puisque les techniques utilisées sont beaucoup moins drastiques (épandage systématique de pesticide, utilisation de graines génétiquement modifiée). Mais la raison principale d’un coût plus élevé pour le consommateur, c’est que les fermes biologiques sont de dimension beaucoup moins importantes que les fermes industrielles et que leur prix de gros est nécessairement moindre. De plus, la ferme bio utilise des semences de grande qualité (à un prix plus élevé) et comme ces fermes sont en général moins mécanisées, elle requiert une main-d'œuvre plus nombreuse. Pour toutes ces raisons, le coût d’achat des produits bio est de 20 à 30 % plus élevé en général que les produits issus de l’agriculture et l’élevage industriel.
Il faut par contre prendre en considération que :
- Environ 62 % du budget du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) est constitué en fait de subventions directes et indirectes aux agriculteurs. Au total, les agriculteurs recevaient 896 millions de dollars en subventions en provenance du Québec et du Canada, ce qui représente le double du revenu net des agriculteurs. Résultat : les subventions aux agriculteurs sont dans les faits des subventions qui profitent aux grandes entreprises en amont (les fournisseurs d’engrais, de pesticides, de semences, d’OGM comme Monsanto) ou en aval (transformateurs et détaillants comme Loblaws, Metro et IGA).*
- Malgré un manque flagrant de transparence, il a été révélé qu’au moins 57 éleveurs porcins ont reçu de la FADQ 42 millions de dollars en subventions sans mettre en place les mesures relatives à l’écoconditionnalité. Une moyenne de 700 000 $ est donc distribuée à chaque éleveur-pollueur qui ne respecte pas les règlements!*
L’agriculture et les élevages biologiques permettent de faire vivre de nombreuses petites fermes familiales et stimulent l’économie des régions en créant des emplois dans le milieu agricole. Ces emplois et la stimulation de l’économie des régions permettent de réduire le coût réel des aliments biologiques, car il donne la possibilité à ces gens de devenir autonomes financièrement.
De plus, les techniques utilisées éliminent les intrants chimiques dans la chaîne alimentaire, évitant ainsi les complications reliées à ces produits tels le cancer, la maladie de Parkinson**, les tumeurs cérébrales***. … et diminue par le fait même le coût des soins de santé.
Puisque l’agriculture de masse bénéficie de larges subventions gouvernementales (donc un coût réel, mais invisible pour chaque citoyen), en plus d’avoir un impact environnemental désastreux et que la culture biologique stimule l’économie des régions et permets de réduire les coûts reliés à la santé publique, est-il raisonnable de croire que l’agriculture biologique est véritablement plus dispendieuse?
Avantages de consommer des produits biologiques
En optant pour l’achat de produits biologiques, en tant que consommateur, nous encourageons les producteurs, agriculteurs, distributeurs et commerçants à poursuivre leurs actions afin d’améliorer de façon concrète la qualité de l’environnement, d’assurer la durabilité des activités des producteurs, de réduire la contamination de l’eau et des terres causée par les insecticides, les agents pathogènes et les pesticides, de réduire les risques agricoles liés à la l’érosion des sols, de réduire les émissions de particules, les odeurs et les émissions de gaz à effet de serre, en plus d’assurer le lien entre la biodiversité et l’agriculture.
Nous ne savons pas nécessairement ce que contient notre assiette.90% des Québécois sont en faveur de l’étiquetage obligatoire des aliments contenant des OGM. Pourtant selon Santé Canada, de 60 % à 75 % des aliments transformés vendus dans nos épiceries pourraient contenir des ingrédients génétiquement modifiés à l’insu du consommateur. Plusieurs études sérieuses appellent à la prudence quant aux risques potentiels reliés à la consommation d’aliments génétiquement modifiés : risques d’allergies, résistance de bactéries pathogènes aux antibiotiques les plus courants, cancers, maladie de Parkinson, etc.
Quels sont les produits biologiques à prioriser ?
La viande, le poisson d’élevage, les produits laitiers et les œufs sont les aliments contenant le plus de concentration de produits chimiques. L’alimentation de ces animaux contient des produits chimiques et aux fils des ans ces produits se concentrent dans la chair, particulièrement dans les parties grasses de l’animal. Les bêtes reçoivent également par prévention, des antibiotiques. Par exemple, le boeuf est en tête des produits contenant la plus grande concentration de résidus de pesticides, par rapport à n’importe quel autre aliment vendu aux États-Unis, car il est nourri au maïs traité chimiquement et à une consommation journalière élevée de ces grains, selon la National Research Council of the National Academy of Sciences.
Certains fruits et légumes contiennent plus de produits chimiques que d’autres, si vous ne pouvez pas consommer des fruits et légumes biologiques en tout temps, voici une liste des produits à privilégier»»».
Comment réduire votre facture d’épicerie biologique
Chaque geste compte, changez pour la consommation d’aliments biologiques un pas à la fois. Par des moyens simples, il est possible de manger de façon saine, variée et de plus en plus bio.
- Choisisez des légumes et des fruits de saison, bios de préférence. En plus de réduire le coût de votre facture, cette façon de consommer produit moins de CO2, puisque les fruits et légumes hors saison doivent voyager bien plus longtemps, et donc avoir un impact environnementale et un coût monétaire plus élevé.
- Associez-vous à un fermier de famille. Vous devrez débourser les frais au début de la saison, mais par la suite vous recevrez des paniers toutes les semaines de produits bio et frais, à un cout de reviens souvent bien moins élevé que dans les épiceries naturelles.
- Redécouvrez les légumes racines. Ces légumes ont été boudés par les consommateurs depuis quelques années, pourtant ils sont bourrés de vitamines (vitamine A), se conservent facilement, ils sont peu calorique, contiennent beaucoup de fibres et sont peu dispendieux.
- Achetez des produits biologiques en vrac. L’achat de produits en vrac permet de réduire la facture, car le prix n’inclut pas un montant relié à l’emballage. Le riz, les céréales, les noix, les fruits séchés, les épices sont des produits qui sont faciles de trouver en vrac et qui se rangent par la suite dans des contenants à la maison. C’est également une belle façon de moins consommer.
- Faites une liste d’épicerie précise avant de faire vos courses. Cela permet de réduire les pertes de nourriture et de moins se laisser aller aux achats impulsifs. Nous savons que 40 à 50% de la nourriture produite se retrouve au site d’enfouissement, en Amérique du Nord. Il y a encore du chemin à faire, mais une meilleure conscientisation du problème amènera sûrement des solutions viables.
- Cuisinez et faites-le en groupe et entre amis. Faites vous-même vos barres tendres, petits plats à réchauffer, soupes, desserts santés. Cuisiner permet de réduire le coût de votre facture, car un produit déjà transformé coûte entre 10 à 120% de plus que si vous le cuisiniez à la maison. De plus, les produits transformés contiennent souvent une teneur élevée en sodiums, lipide et glucide.
- Réduisez votre consommation de viande. Remplacer quelques repas de viande par semaine par des repas constitués de tofu, seitan ou légumineuses. La viande coûte cher, qu’elle soit bio ou non. Les substituts sont des sources intéressantes de protéines et coûtent une fraction du prix. De plus, la consommation de viande a un impact réel sur l’environnement, en réduisant notre consommation, nous pouvons réduire de façon significative notre empreinte écologique.
Références :
- http://www.eauquebec.com/developpement/2004-2007/memoires/0408/336-PGoulet.pdf
- Cornellier, Manon, « Il faut mettre les politiciens à l’abri des riches lobbys, selon Copps », Le Devoir, 24 janvier 2003.
- Equiterre : http://www.equiterre.org/agriculture/cc/cuisinezBio/
* Rapport du commissaire au développement durable 2007-2008, de Monsieur Harvey Mead.
** Dick F., De Palma G., Ahmadi A. et al., 2007. Environmental risk factors for Parkinson’s disease and parkinsonism: the Geoparkinson study. Occupational and Environmental Medicine 2007;0:1–7
*** LeMonde.fr, M. Auzanneau












Mercii beaucoup