Depuis environ 10 ans, la production de pommes au Québec est en baisse. Et l’importation en hausse afin de répondre à la demande gourmande des Québécois en matière de consommation de pommes, fraîches ou transformées. Les intervenants de cette industrie sont donc appelés à repenser la gestion de leurs vergers pour faire face à la concurrence. Dans ce contexte, certains, quoiqu’encore minoritaires, optent pour l’approche biologique.
Les défis d’une industrie
Selon l’institut de la statistique du Québec, la production pomicole québécoise bat de l’aile depuis les dernières années. En effet, des 797 producteurs de pommes recensés en 2001, on n’en comptait plus que 606 en 2006. Accusé d’être polluant pour l’environnement, le secteur québécois de la pomme fait face à des défis de taille : la pression est forte, d’une part pour diminuer ses usages de pesticides tout en continuant d’offrir des aliments de qualité, et d’autre part, satisfaire des consommateurs qui préfèrent encore spontanément un fruit esthétiquement parfait.
Pour faire face aux multiples défis auxquels les pomiculteurs se trouvent, différentes avenues sont explorées : le virage de la haute densité (caractérisé par des vergers où des pommiers nains sont plantés très serrés), l’option de la ferme à vocation multiple (où la transformation en sous-produits s’effectue directement sur place ou encore en élargissant l’éventail d’aliments cultivés), et finalement, la voie la plus exigeante et téméraire, mais toutefois réaliste, celle du bio.Des pommes bios, c’est possible
Qu’en est-il de l’option bio dans les faits? Selon les statistiques recueillies en 2004 par l’organisme Canadian Organic Growers, 189 pommiers certifiés bios seraient répartis à travers le Canada, dont 133 situés en Colombie-Britanique, 25 en Ontario et 12 au Québec. Quelques-uns se seraient ajoutés depuis dans la belle province. En effet, à ce jour, le répertoire des produits biologiques du Québec dénombre 20 vergers biologiques certifiés soit par Ecocert-Canada ou par Québec-Vrai.
Vincent Philion, phytopathologiste rattaché à l’Institut de recherche et de développement en agroenvironnement (IRDA), interrogé par Isabelle Éthier dans un article sur l’avenir de la pomme au Québec pour Le coopérateur agricole affirme toutefois que «Le bio n’est pas fait pour tout le monde et que ce choix est très exigeant. Il faut être prêt à expérimenter, à perdre des rendements et à investir beaucoup d’efforts pour développer son marché, ce qui n’est pas donné à tout le monde».Plusieurs conditions peuvent être mises de l’avant pour augmenter les chances de réussites. Les spécialistes affirment, par exemple, que les producteurs de pommes biologiques doivent faire preuve d’ouverture et ne pas s’entêter à cultiver des variétés traditionnelles (ex. : MacIntosh, Lobo, Empire) et en essayer de nouvelles (Redfree, Belmac, Trend, Liberty). Être prêt à expérimenter des alternatives aux pesticides, insecticides, engrais et autres produits chimiques et explorer de nouveaux marchés comme les marchés ou épiceries spécialisées dans la vente d’aliments bios font également partie des pistes de solutions pour ce secteur voué à se développer davantage dans les prochaines années.
Visite guidée et autocueillette
Des quelques vergers biologiques implantés au Québec, 12 se trouvent dans la grande région métropolitaine, principalement en Montérégie, mais aussi à Laval, dans Lanaudière et à Montréal. Les autres se situent en Outaouais, en Estrie, dans le Centre-du-Québec, dans la région de la Capitale nationale et du Bas St-Laurent.
Parmi les vergers qui offrent des activités au public, mentionnons le verger Gaston à St-Hilaire, qui a son centre d’interprétation de la pomme et du cidre (durée: 45 minutes) et accueille des groupes pour des visites de la ferme (15 personnes minimum). Pour sa part, le verger Aux 4 vents à Henryville propose l’autocueillette depuis le 6 septembre.Encouragez les producteurs de pommes biologiques : choisissez ces pommes, malgré leur coût un peu plus élevé et leurs petites imperfections!
Quiz – Des Québécois et des pommes
Questions :
1. Vrai ou faux? 2/3 des Québécois mangent un fruit frais à chaque jour.
2. Nommez, par ordre d’importance, les trois fruits préférés des Québécois.
3. Quelle est la pomme la plus populaire auprès des Québécois?
4. Où les Québécois achètent-ils majoritairement leurs pommes?
5. Placez dans l’ordre les caractéristiques recherchées par les consommateurs lors de l’achat de pomme fraîche : juteuse, sucrée, croquante et dure.
Réponses :
1. Vrai.
2. La pomme est le fruit préféré des Québécois (67%) devant la banane (45%) et l’orange (39%).
3. La McIntosh, la reine des pommes, est la pomme préférée des Québécois : celle qui est le plus souvent spontanément mentionnée par les Québécois, dont 41% disent la préférer à toute autre.
4. 72% achètent leurs pommes à l’épicerie, 15% à la fruiterie et 9% dans les marchés publics ou chez le producteur.
5. Les caractéristiques recherchées sont : 33% croquante et dure, 18% juteuse, 12% sucrée.
Source : Fédération des producteurs de pommes du Québec (Les Québécois et les pommes, Baromètre, 2002).
Article rédigé par Véronica Gill, journaliste

Par Patrick, avril 03, 2010
Par Patrick, avril 03, 2010
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